La vague bleue annoncée n’aura pas eu lieu. Le sursaut des électeurs de gauche qui a permis au PS de sauver sa mise vient remettre à leur place les jeunes et moins jeunes loups de cette droite « décomplexée ». Mais
Sarkozy obtient néanmoins ce qu’il voulait : la majorité absolue à l’assemblée lui donnant les mains libres pour mener l’offensive annoncée contre les salariés et les classes populaires. Bluffé par son succès à la présidentielle, Sarkozy a cru pouvoir multiplier les provocations pour faire avaliser sa politique toute dévouée aux riches et aux gros actionnaires. Cela a suffi pour que la droite marque le pas, et perde de nombreux députés par rapport à 2002. L’échec personnel de Juppé, contraint à la démission ministérielle, ne peut que faire chaud au coeur de tous ceux qui l’ont combattu dans la rue en 1995. L’abstention, souvent supérieure à 50% dans les quartiers populaires, est aussi un désaveu. Nombreux ont été ceux qui n’ont pas jugé utile d’aller voter. En effet, les législatives n’apparaissent plus désormais que comme une réplique d’une élection présidentielle marquée par le bipartisme, et l’absence de proportionnelle enlève à cette nouvelle assemblée tout représentativité démocratique.
Une politique illégitime
Sarkozy, en multipliant les annonces avant les législatives et entre les deux tours, voulait faire avaliser par les électeurs ses attaques programmées. Après avoir décidé les cadeaux fiscaux faits aux catégories de la population les plus aisées et aux patrons, toutes les annonces sont allées dans le même sens : augmentation de la TVA de 5 points, hypocritement qualifiée de « TVA sociale », franchises sur les remboursements de soins médicaux, consultations, examens, médicaments, refus d’une réelle augmentation du SMIC. Et la défiscalisation et les exonérations des heures sups vont surtout permettre de baisser, à nouveau, le coût du travail en faisant encore des cadeaux aux patrons. Sarkozy espérait sortir renforcé des législatives. Son arrogance a reçu un début de réponse. C’est un encouragement à résister. Mais, malgré cet échec, Sarkozy et Fillon ne vont pas changer de politique. Ils vont continuer à jouer la duplicité, l’ouverture et le dialogue social pour tenter d’endormir l’opinion....et appliquer le programme du MEDEF.
La vraie opposition, les mobilisations
Oui, entre celles et ceux qui produisent les richesses, subissent les attaques patronales et cette assemblée, le fossé est profond. Les dirigeants du Parti socialiste, tout étonnés et comblés par l’heureuse surprise que les électeurs leur ont faite, reprennent espoir en leur avenir pour préparer l’alternance en...2012 ! Cette gauche libérale, intégrée au système ne nous protège de rien. La véritable opposition se construira dans les luttes et dans la rue. La LCR appelle, dès maintenant, à se mobiliser pour résister aux mauvais coups annoncés. Sarkozy et Fillon ne méritent aucun état de grâce. Rassemblons-nous pour préparer la prochaine étape : la contre-offensive des travailleurs et de la jeunesse.
Le 18/06/07










